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11 septembre 2020

Article pour la ligue SEP portant sur les troubles urinaires - Médical

 

 

 

L’ÉDUCATION THÉRAPEUTIQUE EN AUTO-SONDAGE Par Audrey Gallais et Maryline Hillereau, IDE Relais expertes en Urologie


Afin de protéger la fonction rénale des patients ayant des troubles mictionnels, il conviendra de modifier leur mode mictionnel et de recourir à l’apprentissage de l’auto-sondage intermittent, afin d’assurer la vidange de la vessie.

Cette méthode relève de la réalisation d’une éducation thérapeutique par un professionnel spécialisé. L’auto-sondage est associé le plus souvent à des thérapeutiques permettant de diminuer les pressions vésicales au cours du remplissage (anticholinergique, botox , …)

Souvent, à l’annonce de cette nouvelle thérapeutique, le patient est inquiet et anxieux. Cela peut être perçu comme limitant, avec un caractère de dépendance supplémentaire. Or, l’éducation thérapeutique est là, au contraire, pour mettre en lumière la préservation de son indépendance.

En effet, le patient retrouve une maîtrise de son élimination urinaire. L’auto-sondage va permettre à nouveau le contrôle de ses troubles mictionnels, que la SEP rendait incontrôlable. 

Après cet entretien, le rappel du but thérapeutique et de l’anatomie, la deuxième phase de cette éducation concerne la technique proprement dite. Le patient devra vider sa vessie avec une sonde à usage unique plusieurs fois par 24h, 5 à 7 fois selon l’avis médical. 

La régularité des auto-sondages est primordiale dans la prévention du risque infectieux.!

En effet, la vidange vésicale réalisée toutes les 3 à 4 heures va limiter la prolifération bactérienne qui peut devenir majeure passé ce délai. 

Le geste en lui-même est un geste propre et non stérile. Il doit être simplifié au maximum afin de s’intégrer au mieux dans le quotidien. Il est nécessaire de tenir compte de plusieurs facteurs : les habitudes de vie du patient, son degré d’autonomie, ses aptitudes physiques et psychiques et son environnement. 

On sait aujourd’hui que l’éducation thérapeutique de l’auto-sondage intermittent protège et préserve les patients atteints de SEP concernés de l’insuffisance rénale et de ses risques. Elle permet également de retrouver du confort et de l’autonomie au quotidien.

Ainsi, qu’elle que soit l’évolution de la maladie, le patient atteint de troubles mictionnels liés à la SEP, pourra via cette éducation, préserver de façon pérenne le contrôle de sa fonction urinaire et protéger sa

fonction rénale. 

 

 

LA RÉÉDUCATION PÉRINÉALE Par Dr Cécile Donzé, MPR Lille - GHICL

 

Les troubles urinaires peuvent être liés à la pathologie neurologique et/ou à un relâchement du périnée en particulier après un accouchement. Les séances de rééducation périnéale permettent de retrouver un tonus des muscles du périnée. Les exercices effectués consistent à exécuter les contractions des muscles entourant le vagin et surtout les muscles releveurs de l’anus. Ces séances sont réalisées par une sage-femme ou un kinésithérapeute formé à la rééducation périnéale et utilisent 3 techniques le plus souvent associées entres elles :

• La rééducation manuelle avec un travail de contraction volontaire répétée des muscles releveurs de l’anus avec sollicitation ou résistance par les doigts intra-vaginaux du thérapeute.

• L’électrostimulation : elle utilise la stimulation électrique des muscles du périnée via une sonde vaginale, ce qui entraîne leur contraction passive et permet de ressentir la contraction des muscles du périnée.

• Le biofeedback au moyen d’une sonde vaginale reliée à un ordinateur associée à un signal sonore et/ou visuel matérialisant la contraction et le relâchement, qui permet d’améliorer la prise de conscience du fonctionnement périnéal.

Il faut généralement une vingtaine de séances pour ressentir les bénéfices à un rythme d’au moins deux séances par semaine au début de la prise en charge. La rééducation périnéale est indiquée et peut s’avérer efficace dans le cas d’une incontinence à l’effort et dans certains cas de vessie hyperactive. Dans ce cas, le principe est alors de bloquer les contractions anarchiques de la vessie en renforçant les muscles du plancher pelvien. La stimulation électrique va tenter d’inhiber directement les contractions anarchiques du muscle de la vessie (detrusor).

Dans tous les cas, il est important que le thérapeute reste avec vous pendant les premières séances pour s’assurer que les contractions soient bien localisées sur les muscles du périnée et vous guider dans les exercices.